Une affaire bien engagée peut se perdre dans les derniers mètres, et rarement à cause de l’offre. Le plus souvent, c’est un comportement du commercial qui a rompu quelque chose.
Voici six erreurs qui font perdre un client potentiel après des semaines de travail. Elles sont banales, et c’est précisément pour cela qu’elles se répètent.
L’équipe de notre CRM automatisable et flexible vous dit tout.
- La confiance en soi ne vaut que si elle s’accompagne de recul, sinon elle rend sourd aux signaux faibles.
- Le circuit de décision se cartographie : relancer la mauvaise personne est du temps perdu.
- Écouter ne suffit pas, il faut reformuler pour vérifier qu’on a compris.
- Céder trop vite en négociation vous prive de marge et frustre l’acheteur.
- Vos émotions vous appartiennent, leur expression vous coûte.
1. Pécher par excès de confiance
Un commercial doit croire en lui, en l’entreprise qu’il représente et en ce qu’il vend. C’est même cette conviction qui lui donne la force de convaincre.
Mais cette confiance n’est saine qu’accompagnée d’une capacité à se remettre en cause. C’est la seule façon de rester réellement à l’écoute et de progresser d’une affaire à l’autre.
Être aveuglé par sa propre assurance, c’est risquer de manquer les signaux faibles : un concurrent qui avance, un interlocuteur qui aurait besoin d’un geste pour légitimer son choix en interne, une demande implicite de références rassurantes. Ces ajustements interviennent souvent dans la dernière ligne droite, et les rater annule des semaines de travail.
2. Avoir mal lu le circuit d’achat
En B2B, les cycles sont longs et les décisions collectives. Beaucoup de commerciaux se concentrent pourtant sur la personne qui a été leur point d’entrée, sans creuser la suite.
Relancer cet interlocuteur alors que le dossier a changé de niveau est une dépense d’énergie sans effet. Identifiez les différentes parties prenantes et répartissez votre effort entre elles, pour valider les étapes les unes après les autres plutôt que de tout miser sur un seul contact.
3. Avoir écouté sans entendre
L’écoute est le b.a.-ba du métier. Mais écouter ne suffit pas : encore faut-il comprendre, c’est-à-dire ressortir de l’échange avec une idée nette des besoins et des attentes.
Or ces attentes ne sont pas toujours formulées explicitement. Il faut lire entre les lignes, interpréter un silence, remarquer une hésitation. Pour vérifier que vous avez saisi la contrainte réelle, reformulez.
La relation gagne alors en sincérité, et vous évitez le décalage classique entre ce que le client attendait et la proposition que vous lui envoyez.
4. Tout lâcher trop vite en négociation
Garder une marge de manœuvre fait partie du métier. Un tarif de 100 que l’on sait négociable jusqu’à 80 doit suivre une décroissance progressive, qui donne à l’acheteur le sentiment d’avoir mené son travail de négociateur.
Si vous consentez le prix plancher dès le premier échange, vous vous privez de toute latitude pour la suite, et vous vous retrouvez sans réponse alors que votre interlocuteur, lui, est encore dans la négociation. La méthode complète figure dans notre article sur la négociation commerciale.
5. Mal gérer ses émotions
Une vente repose sur des arguments rationnels, mais pas seulement. Les émotions y jouent un rôle considérable. La différence est qu’un acheteur peut laisser paraître les siennes, pas vous.
Votre interlocuteur est fermé, exigeant, il repousse indéfiniment sa décision ? Vous avez parfaitement le droit d’éprouver de l’agacement. Vous ne pouvez simplement pas l’exprimer.
Cela ne veut pas dire tout accepter. Cela veut dire avancer dans la discussion sans rompre le lien de confiance, celui qui permet à votre interlocuteur de décider s’il peut compter sur vous. Une fois ce lien cassé par une réaction excessive, votre crédibilité de négociateur ne se rétablit pas.
6. Vouloir jouer seul
Le commercial est souvent un solitaire, ce qui n’est pas une raison pour se priver de l’intelligence collective de son entreprise.
Votre direction, le marketing, la production : solliciter ces équipes pour solidifier un dossier n’est pas un aveu de faiblesse. Votre client, lui, sera toujours rassuré de sentir une équipe derrière vous plutôt qu’un individu isolé.
Les services support y gagnent aussi : associés aux discussions commerciales, ils comprennent mieux la demande réelle et ajustent leurs processus en conséquence. Impliquer largement profite à tout le monde, et partager un succès vaut mieux que ruminer seul une affaire perdue.
Vos questions sur les erreurs commerciales
Comment savoir si l’on manque de recul sur une affaire ?
Faites relire le dossier par un collègue qui n’y a pas travaillé. Si vous ne savez pas nommer ce qui pourrait faire échouer l’affaire, c’est que vous ne l’avez pas cherché.
Comment identifier tous les décideurs sans être intrusif ?
Posez la question simplement : qui d’autre est concerné, et comment se prend ce type de décision chez vous ? La question passe très bien parce qu’elle montre que vous cherchez à faciliter le processus, pas à le contourner.
Faut-il annoncer d’emblée son meilleur prix ?
Non, sauf politique tarifaire assumée et appliquée à tous. Un prix ferme se défend, mais il faut alors le tenir jusqu’au bout, sans quoi vous perdez sur les deux tableaux.
Que faire face à un client irrespectueux ?
Vous pouvez poser une limite calmement, et vous pouvez renoncer à l’affaire. Ce qui coûte, c’est la réaction à chaud, pas la fermeté exprimée posément.
Comment impliquer d’autres services sans les surcharger ?
Sollicitez-les tard et précisément, sur une question à laquelle eux seuls peuvent répondre. Une demande cadrée obtient une réponse, une demande vague obtient un silence.