Le terme citoyen développeur est apparu avec les plateformes low-code. Elles permettent à des utilisateurs métier, ou à des développeurs occasionnels, de créer des applications qu’ils n’auraient jamais pu produire autrement.
Les constructeurs de sites en ligne ont démocratisé la création de pages web, mais ils ne permettent pas de bâtir une application contenant une véritable logique métier. Les plateformes low-code franchissent ce pas.
Voici six règles pour y réussir. L’équipe de notre CRM automatisable et flexible vous dit tout.
- Formez-vous à la plateforme avant de paramétrer : le temps investi se rembourse immédiatement.
- Documentez, même une petite application : c’est vous qui la modifierez dans six mois.
- Cartographiez les flux : qui produit la donnée, qui la consomme.
- Contraignez la saisie par des types de champs adaptés, c’est ce qui protège la qualité des données.
- Montrez tôt aux utilisateurs finaux : c’est le meilleur réducteur de risque d’un projet.
1. Formez-vous à la plateforme
Le propre du low-code est de vous faire gagner du temps, grâce à des composants et des fonctions prêts à l’emploi. Ce n’est pas une raison pour vous lancer tête baissée dans le paramétrage.
Lisez d’abord la documentation. Maîtriser l’environnement avant de construire vous fera gagner du temps et de la qualité sur l’ensemble du projet, alors qu’un démarrage à l’aveugle se paie en reprises.
2. Documentez votre projet
Paramétrer devient simple, ce qui ne dispense pas des étapes de gestion de projet : analyse des besoins, conception, modèle de données.
Même sur une petite application, cette documentation sera précieuse au moment de la faire évoluer. Celui qui la modifiera dans six mois, ce sera probablement vous, et vous aurez tout oublié.
3. Cartographiez vos flux de données
Les données sont collectées puis distribuées à travers différents processus. D’un côté, ceux qui les produisent ; de l’autre, ceux qui les consomment.
Identifier les uns et les autres vous permet de comprendre ce qui circule, et d’analyser ensuite les usages réels. Prenez une application de commande : le client saisit ses informations, elles partent déclencher un traitement, et leur agrégation permet d’observer des habitudes.
Cette cartographie sert aussi ailleurs : c’est la base d’un registre des traitements si votre application manipule des données personnelles, ce qui est presque toujours le cas.
4. Réutilisez ce que vous écrivez
Le low-code permet de construire sans coder, mais la plupart des plateformes autorisent l’ajout de code pour étendre les fonctions natives.
Si vous en écrivez, découpez-le en modules réutilisables dans d’autres applications. L’adage veut qu’un bon développeur soit un développeur paresseux : tout ce qui vous fera gagner du temps plus tard mérite d’être fait maintenant.
5. Contraignez la saisie
Les plateformes low-code proposent des champs typés, avec des formats de saisie adaptés à la nature de la donnée attendue.
Au-delà du confort d’utilisation, c’est ce qui protège votre base. Un champ libre où l’on peut écrire n’importe quoi produit une base inexploitable en deux ans. Un champ typé garantit une qualité de données qui tient dans la durée.
6. Impliquez les utilisateurs finaux très tôt
La création rapide de maquettes est l’un des grands avantages du low-code. Exploitez-le : montrez une première version aux utilisateurs le plus tôt possible.
Plus les retours arrivent tôt, plus le risque d’échec baisse, et meilleure sera l’adoption au déploiement. C’est le même mécanisme que sur un projet CRM, comme nous l’expliquons dans notre article sur le lancement d’un CRM.
Une réserve : le développement citoyen se gouverne
Un point que l’enthousiasme des débuts a longtemps laissé de côté. Quand chacun peut créer son application, l’entreprise se retrouve vite avec des dizaines d’outils construits hors de tout cadre, dont personne ne connaît le contenu ni le responsable.
Le remède n’est pas d’interdire, ce qui pousse les usages dans l’ombre, mais de poser un cadre minimal : qui a le droit de créer quoi, quelles données peuvent être manipulées, qui reprend l’application si son auteur quitte l’entreprise.
Le low-code facilite la création d’applications, mais cela reste un projet informatique, avec la rigueur que cela suppose. À cette condition, les citoyens développeurs disposent d’une capacité réelle à transformer leur organisation, une application à la fois.
Vos questions sur le développement citoyen
Faut-il des compétences techniques pour se lancer ?
Pas de compétences en développement, mais de la rigueur logique. Savoir décomposer un processus en étapes et raisonner sur des données compte davantage que n’importe quel langage.
Par quelle application commencer ?
Par un besoin réel et limité que vous connaissez de l’intérieur. Un tableur partagé qui pose problème est le meilleur premier projet : le besoin est démontré, le périmètre est clair, et le bénéfice est immédiatement visible.
Qui maintient l’application ensuite ?
C’est la question à trancher avant de commencer, pas après. Une application sans responsable désigné devient orpheline le jour où son créateur change de poste, et personne n’ose plus y toucher.
Faut-il associer la direction informatique ?
Oui, dès le départ, ne serait-ce que pour l’informer. Une application métier créée contre l’informatique finit toujours mal, généralement au premier problème de sécurité ou d’intégration.
Jusqu’où peut aller un citoyen développeur ?
Plus loin qu’on ne le croit sur les applications de gestion, moins loin qu’il ne l’imagine sur l’intégration. C’est au moment de connecter l’application au reste du système que l’appui d’un profil technique devient nécessaire.