Fixer un prix de vente mérite mieux qu’une décision au doigt mouillé. C’est un levier d’action sur le marché, une composante centrale de votre stratégie, et une étape sensible dans la vie de chaque offre.
L’objectif est simple à énoncer : vendre en restant rentable. Il suppose de croiser trois éléments que l’on traite trop souvent séparément, le coût, la concurrence et la valeur perçue.
Voici la méthode en trois étapes. L’équipe de notre CRM automatisable et flexible vous dit tout.
- Le coût de revient ne donne pas un prix, il donne un plancher.
- Les frais fixes ne dépendent pas du volume, les frais variables si : les deux entrent dans le calcul.
- Se positionner sous la concurrence est facile à faire, très difficile à défaire.
- La valeur perçue détermine ce que le client accepte de payer, pas votre structure de coûts.
- Une remise consentie trop vite devient la nouvelle référence pour tous les contrats suivants.
Étape 1 : calculer votre coût de revient
Toute activité engendre des dépenses, qui doivent être répercutées sur le prix final. Elles se répartissent en deux catégories.
Les frais fixes
Ils restent constants quel que soit le volume produit : loyer, assurances, énergie, entretien des locaux, abonnements, et toutes les charges qui tombent à échéance régulière indépendamment de votre activité.
Les frais variables
Ils évoluent proportionnellement à l’activité : matières premières, sous-traitance, outils de production, commissions commerciales, dépenses publicitaires liées à une campagne précise.
Votre coût de revient unitaire correspond à la somme des frais fixes et des frais variables, rapportée au nombre d’unités vendues.
Ce chiffre ne vous donne pas un prix, il vous donne un plancher. En dessous, vous perdez de l’argent. À l’identique, vous ne gagnez rien. Au-dessus seulement, vous dégagez une marge. Beaucoup d’entreprises fixent leur prix en ajoutant un pourcentage à ce chiffre, ce qui est la façon la plus sûre de laisser de l’argent sur la table.
Étape 2 : étudier vos concurrents
Relevez ensuite les prix pratiqués autour de vous. L’exercice permet d’apprécier les rapports prix et prestation perçus sur votre marché, d’évaluer la demande, et de décider où vous vous situez. Trois positionnements sont possibles.
- Moins cher que la concurrence. Vous attirerez les clients sensibles au prix. Mais attention : si vous devez augmenter plus tard, l’explication sera difficile, et vous aurez sélectionné une clientèle qui partira au premier concurrent moins-disant.
- Plus cher que la concurrence. Cela suppose que votre offre le justifie et que vous sachiez le démontrer. Vous attirerez les clients qui associent prix et qualité, souvent plus fidèles.
- Au même prix. L’alignement n’attire pas de nouveaux clients par lui-même. Il ne se justifie que si vous disposez déjà d’une clientèle établie ou d’une part de marché significative.
Un mot de prudence sur ce relevé : comparez des offres réellement équivalentes. Un écart de prix s’explique presque toujours par un écart de périmètre, et se positionner sous un concurrent dont l’offre est plus étroite revient à travailler à perte sans le savoir.
Étape 3 : raisonner comme votre client
La dernière étape consiste à comprendre ce que vos clients attendent. On parle de perception du prix : la façon dont l’acheteur met en rapport ce qu’il paie et ce qu’il estime recevoir.
Plusieurs leviers agissent sur cette perception :
- la cohérence d’ensemble de votre politique tarifaire, sur toute la gamme ;
- la façon dont vous communiquez sur vos prix et vos offres, dans une logique globale plutôt qu’au coup par coup ;
- le fait d’être compétitif uniquement là où c’est nécessaire, sans surinvestir sur des références qui ne se comparent pas ;
- un traitement spécifique pour vos meilleurs clients, ciblé plutôt que généralisé ;
- la réduction des promotions qui n’apportent rien au client et rognent votre marge.
Le prix affiché n’est enfin qu’un point de départ, puisqu’il sera souvent discuté. Ce que vous concédez, et en échange de quoi, relève d’un autre exercice, que nous détaillons dans notre article sur la négociation commerciale.
Reste un point pratique : suivre dans la durée les remises réellement accordées, client par client. Sans cette visibilité, la marge se dégrade sans que personne ne le voie, ce qu’un suivi dans les tableaux de bord permet d’éviter.
Vos questions sur la fixation des prix
Faut-il afficher ses prix publiquement ?
En B2B, cela dépend de la standardisation de votre offre. Afficher des prix filtre les demandes hors budget et fait gagner du temps commercial. Ne pas les afficher se justifie quand chaque projet est réellement différent.
Comment augmenter ses prix sans perdre ses clients ?
En prévenant à l’avance, en expliquant, et en n’augmentant pas tout le monde de la même façon. Une hausse annoncée trois mois avant passe, la même appliquée sans prévenir sur une facture ne passe pas.
Le prix le plus bas fait-il vendre davantage ?
En volume parfois, en marge rarement. Un prix trop bas soulève aussi un doute sur la qualité, en particulier sur les prestations intellectuelles où le prix sert d’indice de compétence.
À quelle fréquence revoir ses prix ?
Au moins une fois par an, et à chaque évolution notable de vos coûts. Une entreprise qui n’a pas bougé ses prix depuis trois ans a très probablement absorbé une hausse de charges sans s’en apercevoir.
Faut-il pratiquer des remises de lancement ?
Si vous le faites, bornez-les explicitement dans le temps et dites-le par écrit. Une remise sans échéance devient le prix, et la remonter plus tard vous coûtera plus cher que ce qu’elle vous aura rapporté.