L’argument le plus souvent avancé pour justifier un CRM est l’orientation client. L’idée est juste, et pourtant elle conduit beaucoup de projets à l’échec : à force de vouloir transformer la culture de l’entreprise, on fixe au projet une ambition qu’aucun logiciel ne peut porter seul.
Il existe une autre manière de faire, plus modeste au départ et plus efficace à l’arrivée. Voici pourquoi le CRM est un projet structurant, et comment en tirer parti en partant du terrain plutôt que du sommet.
L’équipe de notre CRM automatisable et flexible vous dit tout.
- Vouloir changer la culture avant l’outil est la recette de nombreux échecs.
- L’approche par le terrain part d’objectifs simples et opérationnels.
- Le CRM sert alors de prétexte pour diffuser de nouvelles pratiques.
- L’orientation client devient une conséquence, et non un préalable.
- Viser grand, commencer petit, avancer vite résume la démarche.
L’approche descendante, et ses limites
Le déroulé classique d’un projet CRM d’envergure suit à peu près quatre phases.
- L’audit et le conseil : des consultants définissent l’organisation et la culture cibles, en lien avec la direction.
- La refonte des processus, sur le papier, à partir de cette cible.
- Le déploiement auprès des équipes, à grand renfort de formations et d’accompagnement au changement.
- La brique technique enfin, avec l’adaptation des outils existants ou l’adoption de nouveaux.
Cette approche a sa logique, mais elle cumule les risques. Les équipes de terrain découvrent tardivement des processus conçus sans elles. L’outil arrive en dernier, contraint par des choix qu’il ne permet pas toujours de suivre. Et le coût de l’accompagnement au changement grimpe à mesure que l’écart se creuse entre ce qui a été dessiné et ce qui se pratique.
L’approche par le terrain
L’approche inverse prend la mise en place du CRM comme point de départ. Les équipes qui vendent, communiquent et répondent aux clients participent à la définition et au paramétrage de l’outil. Le changement part de la base, sur des sujets concrets, et se diffuse ensuite.
Les objectifs initiaux sont volontairement simples et opérationnels, par exemple :
- permettre aux commerciaux de partager leurs actions en clientèle avec leurs collègues et leur hiérarchie ;
- harmoniser la démarche commerciale d’un commercial à l’autre ;
- faire mieux circuler l’information entre le marketing et les ventes ;
- donner au service client une vision complète de chaque compte.
Ces objectifs paraissent modestes. Ils ont deux avantages décisifs : on sait rapidement s’ils sont atteints, et leur réalisation change déjà la manière de travailler. Le projet produit des résultats visibles en quelques semaines, ce qui crée l’adhésion nécessaire pour aller plus loin.
L’orientation client comme conséquence
Dans cette approche, l’outil devient structurant pour les ventes, le marketing et le service client. Les informations sont partagées, les pratiques s’alignent, les clients sont vus dans leur ensemble plutôt que par silo. L’orientation client n’est plus un préalable au projet, elle en devient le résultat.
C’est aussi une démarche compatible avec les méthodes de travail par itérations courtes, dont nous détaillons les principes dans notre article sur les méthodes agiles. Les étapes concrètes du démarrage figurent dans notre article sur le lancement d’un CRM.
Une démarche qui vaut dès la création de l’entreprise
Les jeunes entreprises l’ont bien compris. Celles qui structurent leur démarche commerciale dès leurs premiers clients évitent d’avoir à la reconstruire plus tard, au moment où elle est devenue un frein. Le sujet est traité dans notre article sur le CRM pour les start-up.
Une formule anglo-saxonne résume bien la démarche : think big, start small, move fast. Voir grand pour l’ambition, commencer petit pour le périmètre, avancer vite pour l’adhésion. Les fondations d’un projet réussi sont détaillées dans notre article sur les trois piliers de la réussite CRM.
Vos questions sur le CRM comme projet structurant
L’approche par le terrain exclut-elle la direction ?
Non. La direction fixe le cap et arbitre ; elle ne dessine simplement pas seule les processus de ceux qui les appliquent.
Quel premier périmètre choisir ?
Celui où la douleur est la plus visible. Un problème connu de tous, résolu vite, convainc mieux que n’importe quelle présentation.
Faut-il quand même un audit préalable ?
Un cadrage court, oui. Un audit de plusieurs mois retarde les premiers résultats sans réduire les risques.
Comment éviter que le projet reste trop modeste ?
En planifiant les étapes suivantes dès le départ. Commencer petit ne signifie pas s’arrêter petit.
Cette approche convient-elle aux grandes organisations ?
Oui, en procédant par équipe ou par site pilote. Le pilote réussi sert ensuite de référence pour les déploiements suivants.