La négociation commerciale décide souvent de ce que rapporte réellement une affaire. À produit égal et à offre égale, deux commerciaux ne signent pas aux mêmes conditions.
Il n’existe pas de technique infaillible, et méfiez-vous de ceux qui en vendent une. Il existe en revanche une méthode, et quelques règles qui font la différence, que vous négociiez avec un client, un distributeur ou un fournisseur.
Voici comment préparer, mener et conclure. L’équipe de notre CRM automatisable et flexible vous dit tout.
- L’essentiel se joue avant : ce que vous êtes prêt à céder se décide au calme, pas en séance.
- Élargissez le terrain : une négociation bloquée sur le prix seul se termine mal pour quelqu’un.
- Toute concession appelle une contrepartie, sinon elle en appelle une autre.
- Connaissez votre point de rupture et sachez arrêter avec diplomatie.
- La conclusion se prépare : vérifier que le client a décidé avant de proposer de signer.
Préparer, avant tout
L’essentiel du travail se fait en amont. Il consiste à lister les points qui seront abordés, et à décider par avance sur quoi vous pouvez céder, en échange de quoi, et jusqu’où.
- Maîtrisez vos paramètres négociables : prix, délais de paiement, délais de livraison, volumes, modalités de financement.
- Connaissez votre offre de bout en bout, de la fabrication aux conditions d’utilisation.
- Renseignez-vous sur votre interlocuteur : sa fonction, son entreprise, sa position sur son marché, ses concurrents. Votre CRM et les réseaux professionnels fournissent l’essentiel.
- Anticipez les scénarios selon le profil de votre interlocuteur : expert, indécis, joueur, pressé.
- Préparez les documents nécessaires, contrat, conditions, références.
- Faites votre autocritique : identifiez le point sur lequel vous cédez habituellement trop vite.
Connaître son point de rupture
Toute négociation, qu’elle porte sur le prix, les délais ou les conditions de paiement, entame la rentabilité de l’affaire. Connaître votre modèle économique dans le détail est donc ce qui vous permet de négocier sereinement.
Un bon négociateur accepte de perdre un peu pour éviter de perdre beaucoup. Encore faut-il savoir jusqu’où vous êtes autorisé à perdre, et être capable d’arrêter avec diplomatie quand ce seuil est atteint.
Choisir le lieu quand c’est possible
Ce n’est pas toujours à votre main, mais le cadre compte. Chez le client, c’est lui qui donne le rythme pendant que vous cherchez vos marques. Un terrain neutre, un déjeuner ou un événement, rééquilibre la relation et fait avancer le dossier autant qu’une réunion formelle.
Mener l’entretien
Pendant la négociation, votre comportement pèse autant que vos arguments. Le ton, le rythme, la façon de réagir à une objection convainquent ou font fuir.
- Écoutez d’abord. Comprendre l’objectif réel de votre interlocuteur vaut mieux que dérouler un argumentaire préparé.
- Raisonnez en intérêts, pas en positions. Deux positions s’opposent, deux intérêts se combinent souvent.
- Élargissez le terrain. Rester bloqué sur le prix mène à une issue perdante. Les délais, les volumes ou les conditions de paiement offrent d’autres marges de manœuvre.
- Ne restez jamais figé sur un point. Proposez d’y revenir, ou échangez une concession contre une contrepartie.
- Gardez votre calme. Une pause, une reformulation ou un recentrage sur l’objectif du client valent mieux qu’une réponse à chaud.
- Ne montrez pas que vous dépendez de cette affaire. Un déséquilibre affiché se paie immédiatement dans la discussion.
- Acceptez l’échec comme issue possible. C’est précisément ce qui vous évite de descendre sous votre seuil.
- Tenez la stratégie définie en préparation. Beaucoup de commerciaux abandonnent la leur dès les premières minutes de l’entretien.
Les biais cognitifs, et où s’arrête leur usage
Certains mécanismes de décision sont bien documentés, et les connaître fait partie du métier. Deux exemples reviennent constamment.
L’effet de comparaison. Une offre paraît plus attractive quand elle est présentée à côté d’une autre. Utilisé honnêtement, cela consiste à proposer deux options réellement pertinentes et à laisser le client arbitrer. Détourné, cela consiste à introduire une option volontairement mauvaise pour orienter le choix. Cette seconde version relève de la manipulation, et elle se retourne contre vous dès que le client s’en aperçoit, ce qui arrive plus souvent qu’on ne le croit.
La contrepartie systématique. Si votre interlocuteur demande toujours plus, une livraison offerte par exemple, reprenez la main : « c’est possible, à condition que nous signions aujourd’hui ». Ce n’est pas un artifice, c’est la règle de base d’une négociation équilibrée.
Une dernière remarque sur le silence du client. Faire durer fait parfois partie de sa stratégie : il évalue si vous êtes pressé. Gardez les nerfs solides, et relancez à intervalles espacés, avec un message court qui apporte quelque chose plutôt qu’une demande de réponse.
Conclure correctement
C’est l’étape la plus souvent négligée. Avant de proposer de signer, assurez-vous que la décision est prise :
- le client se projette dans l’usage, pose des questions pratiques, évoque son organisation interne ;
- la confiance est établie sur vous, sur l’offre et sur l’entreprise ;
- il est capable de justifier sa décision sans vous, ce qui est le vrai test : il devra la défendre en interne.
Ces conditions réunies, plusieurs formulations permettent de conclure : proposer directement la signature, proposer une alternative de calendrier plutôt que de principe, projeter le client dans la suite en lui demandant comment il compte démarrer, ou vérifier une dernière fois qu’aucun point ne reste ouvert.
Si une objection ressurgit à ce moment précis, c’est qu’elle n’avait pas été traitée. Notre article sur le traitement des objections détaille la marche à suivre.
Consignez enfin les conditions obtenues dans votre CRM. Les remises accordées, les contreparties et les arguments qui ont fonctionné servent à la prochaine négociation, avec ce client comme avec les autres. La tenue de ces données transforme une expérience individuelle en savoir-faire collectif.
Vos questions sur la négociation commerciale
Faut-il annoncer son prix en premier ?
Cela dépend de votre connaissance du marché. Annoncer en premier fixe le point de référence de la discussion, ce qui est un avantage si votre prix est défendable. Si vous ignorez le budget de votre interlocuteur, mieux vaut le faire parler avant.
Que faire quand le client compare avec un concurrent moins cher ?
Demandez ce que couvre exactement l’offre concurrente avant de répondre. La différence de prix s’explique presque toujours par une différence de périmètre, et c’est au client de le constater plutôt qu’à vous de le proclamer.
Peut-on refuser de négocier ?
Oui, à condition d’assumer une politique claire et de l’appliquer à tous. Une position ferme et cohérente se respecte. Une fermeté qui cède à la troisième relance ne vaut rien et abîme votre crédibilité pour la suite.
Comment gérer un interlocuteur agressif ?
En ne répondant pas sur le même registre et en ramenant la discussion sur les faits. L’agressivité est souvent une technique, parfois une contrainte interne qu’il subit. Dans les deux cas, y répondre calmement vous laisse la maîtrise.
Faut-il tout accepter pour décrocher un premier client ?
Non. Les conditions du premier contrat deviennent la référence pour tous les suivants avec ce client, et parfois pour son secteur si l’information circule. Une remise de lancement se limite dans le temps et se dit comme telle.