Les pratiques et les outils du marketing évoluent en permanence, mais les indicateurs qui mesurent son efficacité, eux, bougent peu. Ce sont toujours les mêmes questions : combien coûte un contact, combien coûte un client, et qu’est-ce que tout cela rapporte.
Nous avons retenu cinq indicateurs de performance marketing, avec leur formule et un exemple chiffré pour chacun. Ils s’enchaînent logiquement, du coût d’un simple contact jusqu’à la rentabilité réelle.
L’équipe de notre CRM automatisable et flexible vous dit tout.
- Coût par contact : ce que vous payez pour obtenir une coordonnée.
- Coût par prospect qualifié : ce que vous payez pour un contact réellement exploitable par les commerciaux.
- Coût d’acquisition client : marketing et ventes réunis, rapporté aux clients signés.
- Retour sur investissement : le chiffre d’affaires généré par euro dépensé.
- Rentabilité marketing : le même calcul sur la marge, seul indicateur comparable entre secteurs.
D’où viennent ces indicateurs
La référence sur le sujet reste l’ouvrage de Mark Jeffery, professeur à la Kellogg School of Management, Data-Driven Marketing: The 15 Metrics Everyone in Marketing Should Know. Il y recense les indicateurs qui permettent de mesurer chaque action marketing plutôt que de la justifier.
Nous en avons sélectionné cinq, les plus directement exploitables dans une PME.
1. Le coût par contact
C’est ce que vous coûte l’obtention d’une coordonnée à la suite d’une action marketing. Comptez d’abord le nombre de personnes ayant réagi : inscription à une newsletter, téléchargement d’un document, demande de démonstration, formulaire rempli.
Coût par contact = dépenses promotionnelles engagées ÷ nombre de contacts récoltés
Prenons un cas concret. Vous avez sponsorisé un contenu sur LinkedIn pendant deux semaines pour promouvoir un livre blanc, ce qui vous a coûté 800 euros. À l’issue de la campagne, vous comptez 60 téléchargements.
Le coût par contact est donc de 800 ÷ 60 = 13,33 euros. Ce chiffre ne dit rien seul : il prend son sens comparé à celui de vos autres canaux.
2. Le coût marketing par prospect
L’objectif du marketing n’est pas de collecter des coordonnées, c’est de fournir aux commerciaux des prospects exploitables. Cet indicateur mesure donc ce que coûte un prospect réellement transmis à la force de vente.
Coût par prospect = dépenses marketing totales ÷ nombre de prospects traités par la force commerciale
Les dépenses marketing incluent tout : outils, masse salariale, prestataires, achats d’espace.
Reprenons l’exemple. La promotion a coûté 800 euros, mais la production du livre blanc par un prestataire en a coûté 2 000. La dépense totale s’élève donc à 2 800 euros. Sur les 60 téléchargements, seuls 50 correspondaient à des prospects exploitables.
Le coût par prospect est de 2 800 ÷ 50 = 56 euros. L’écart avec les 13,33 euros précédents illustre bien pourquoi il ne faut jamais s’arrêter au premier indicateur.
3. Le coût d’acquisition client
Cet indicateur complète logiquement le précédent : combien vous coûte la transformation d’un prospect en client. Il englobe le travail du marketing et celui des ventes, puisque les deux y contribuent.
Coût d’acquisition client = (dépenses marketing + dépenses commerciales) ÷ nombre de clients signés
C’est l’indicateur qui permet d’éliminer les campagnes les moins rentables pour concentrer les moyens sur celles qui produisent réellement des clients, et non du trafic.
4. Le retour sur investissement marketing
Il met en regard vos investissements marketing sur une période et le chiffre d’affaires généré sur la même période. Tout son intérêt réside dans la comparaison d’une période à l’autre.
Retour = chiffre d’affaires total ÷ ensemble des coûts marketing
Exemple : vous avez dépensé 30 000 euros en marketing sur l’année, prestataires et publicité compris, pour un chiffre d’affaires de 500 000 euros. Le rapport est de 500 000 ÷ 30 000 = 16,66. Chaque euro dépensé en marketing a donc accompagné 16,66 euros de chiffre d’affaires.
Une précision utile : ce ratio n’est pas un retour sur investissement au sens comptable strict, qui rapporterait le gain net au coût engagé. C’est un indicateur de comparaison, pertinent d’une période à l’autre et d’un canal à l’autre, pas un chiffre à présenter tel quel comme un rendement.
5. La rentabilité marketing
C’est le plus pertinent des cinq, parce qu’il raisonne en marge et non en chiffre d’affaires. Or c’est la marge qui paie les salaires.
Rentabilité marketing = marge brute ÷ ensemble des coûts marketing
Comparons deux entreprises aux chiffres identiques. La société A vend un logiciel : 10 000 euros de marketing sur l’année, 200 000 euros de chiffre d’affaires, 80 % de marge brute. La société B vend des biscuits : mêmes montants, mais 15 % de marge brute.
- Société A : (200 000 × 0,80) ÷ 10 000 = 16
- Société B : (200 000 × 0,15) ÷ 10 000 = 3
À chiffre d’affaires et budget identiques, l’écart est considérable : 16 euros de marge par euro investi d’un côté, 3 de l’autre. C’est pourquoi comparer son retour marketing à celui d’une entreprise d’un autre secteur n’a aucun sens si l’on ne raisonne pas en marge.
Où trouver ces chiffres
Le calcul n’est pas la difficulté. Le problème est presque toujours la traçabilité : savoir quel client vient de quelle action, ce qui suppose de conserver l’origine de chaque contact du premier clic jusqu’à la signature.
C’est le rôle d’une gestion des leads correctement paramétrée, restituée dans des tableaux de bord. Et cela ne vaut évidemment que si les données sont tenues, ce que nous détaillons dans nos conseils sur la qualité des données.
Vos questions sur les indicateurs marketing
Combien d’indicateurs faut-il suivre ?
Peu, et toujours les mêmes. Trois indicateurs suivis tous les mois valent mieux que quinze calculés une fois : la valeur vient de la comparaison dans le temps, pas de l’exhaustivité.
Comment attribuer une vente à une action marketing précise ?
Imparfaitement, et il faut l’assumer. Un client a généralement croisé votre entreprise plusieurs fois avant de signer. Retenez une règle d’attribution simple, appliquez-la partout, et comparez à règle constante.
Faut-il inclure les salaires dans les dépenses marketing ?
Oui, sans quoi vos coûts sont faux. Le temps passé est le premier poste de dépense dans la plupart des actions marketing, en particulier pour tout ce qui relève du contenu.
Sur quelle période calculer ces indicateurs ?
Sur une période au moins égale à votre cycle de vente. Mesurer un mois quand vos affaires se signent en six revient à comparer les dépenses d’aujourd’hui aux résultats d’un travail bien antérieur.
Un coût par prospect élevé est-il mauvais signe ?
Pas nécessairement. Un prospect cher qui signe souvent et achète beaucoup vaut mieux que dix contacts bon marché qui ne convertissent jamais. Ce chiffre ne se lit qu’en regard du panier moyen.