Un buyer persona est un portrait type qui représente un groupe de clients. On lui attribue des caractéristiques qui rendent ce groupe concret, pour cesser de s’adresser à une cible abstraite.
L’exercice sert à deux choses : construire des scénarios d’usage de votre offre, et ajuster votre positionnement. En B2B comme en B2C, l’acheteur attend aujourd’hui que vous connaissiez ses habitudes, son parcours et ses contraintes.
Voici une méthode en cinq étapes. L’équipe de notre CRM automatisable et flexible vous dit tout.
- Trois à cinq profils suffisent : au-delà, plus personne ne les utilise.
- Partez de clients réels, pas de votre imagination : c’est la différence entre un outil et un exercice décoratif.
- Les problématiques sont l’étape déterminante, tout le reste en découle.
- Identifiez les médias que vos cibles consultent vraiment, pas ceux que vous consultez.
- Un persona se met à jour : celui de 2019 ne décrit plus votre marché.
1. Identifier vos profils
Commencez par dégager les grandes catégories d’acheteurs et de prescripteurs de votre offre. Retenez-en trois à cinq, représentatifs, et donnez-leur un nom.
Le critère de segmentation n’est pas démographique, il est fonctionnel : deux profils sont distincts s’ils ont des besoins et des motivations d’achat différents face à votre offre. Si vous n’arrivez pas à les distinguer sur ce plan, fusionnez-les.
Un mot sur la source. La méthode a longtemps consisté à imaginer ces profils à partir de son expérience. C’est la principale limite de l’exercice : on finit par décrire le client qu’on aimerait avoir. Appuyez-vous plutôt sur du réel : quelques entretiens clients, les retours de vos commerciaux, et les données déjà présentes dans votre CRM.
2. Donner de la consistance à chaque profil
Chaque profil doit devenir une personne à qui l’on peut penser. Notez son parcours, sa fonction, son ancienneté, ce qui l’a conduit à chercher une solution comme la vôtre.
Poussez jusqu’aux éléments qui influencent réellement une décision professionnelle : son niveau d’autonomie, ce dont il rend compte, et ce qu’un mauvais choix lui coûterait personnellement.
Tranchez les traits pour que les profils se distinguent nettement, sans tomber dans la caricature invérifiable. Chaque trait retenu devrait pouvoir se justifier par ce que vous avez observé chez de vrais clients.
3. Définir les problématiques et les centres d’intérêt
Vos profils ont un nom, une fonction, un parcours. Mettez-vous maintenant à leur place et posez-vous leurs questions : qu’est-ce qui les préoccupe au quotidien, qu’est-ce qu’ils cherchent à améliorer, quels objectifs doivent-ils atteindre.
Intégrez à cette réflexion les différentes phases du processus d’achat : les questions qu’on se pose avant de chercher une solution ne sont pas celles qu’on se pose au moment de comparer deux devis.
Cette étape est déterminante, car c’est en identifiant les problématiques que vous trouverez la matière de votre ligne éditoriale et les angles qui vous différencient.
4. Identifier leurs médias
Recensez ensuite tout ce que vos profils consultent : publications professionnelles, réseaux, communautés, salons, podcasts, prescripteurs qu’ils suivent. L’objectif est de savoir où vous rendre visible plutôt que de diffuser au hasard.
Le piège est classique : on liste les médias que l’on consulte soi-même. Posez la question directement à quelques clients, les réponses surprennent souvent, et elles orientent bien mieux un budget de communication qu’une hypothèse.
5. Construire votre stratégie de contenu
Faites enfin la synthèse et définissez votre ligne éditoriale à partir de ce que vous avez appris.
Cherchez d’abord les sujets qui concernent plusieurs de vos profils, pour rentabiliser l’effort de production. Mais ne produisez pas du contenu générique déjà disponible partout : centrez-vous sur votre savoir-faire et apportez un point de vue que vous seul pouvez apporter.
C’est le point de départ de toute démarche d’inbound marketing, et c’est aussi ce qui alimente ensuite votre stratégie de génération de leads.
Ce que vous y gagnez
- Vous vous mettez plus facilement à la place de vos clients, et vous proposez ce qui les intéresse réellement.
- Vous choisissez les bons supports plutôt que de saupoudrer votre budget.
- Vous construisez une ligne éditoriale qui vous distingue au lieu de répéter ce que dit le marché.
Vos questions sur les buyer personas
Combien de personas faut-il définir ?
Trois à cinq au maximum. Au-delà, plus personne ne s’en sert : les équipes ne retiennent pas huit profils, et le document finit dans un dossier partagé que plus personne n’ouvre.
Faut-il inventer les profils ou les baser sur des clients réels ?
Sur des clients réels, systématiquement. Cinq entretiens valent mieux qu’une journée d’atelier en interne, parce qu’ils font émerger des motivations que personne dans l’entreprise n’aurait devinées.
À quelle fréquence mettre à jour ses personas ?
Au moins tous les deux ans, et à chaque évolution de votre offre ou de votre marché. Un persona daté oriente toute une stratégie de contenu vers un client qui n’existe plus.
Les personas servent-ils uniquement au marketing ?
Non, et c’est même là que se joue leur intérêt. Un persona partagé entre marketing et ventes aligne les deux équipes sur la même définition du bon client, ce qui règle une bonne partie des tensions habituelles.
Un persona doit-il être une fiche détaillée ou une page ?
Une page, pas davantage. Ce qui compte est ce que l’équipe retient, pas l’exhaustivité du document. Fonction, problématiques, objections, canaux : le reste est du décor.