- Seuls les organismes habilités par l’INRS et l’Assurance maladie Risques professionnels dispensent la formation SST. Eux seuls délivrent le certificat national.
- La formation initiale dure au minimum 14 heures en présentiel, pour 4 à 10 stagiaires. Le certificat SST reste valable deux ans.
- Le maintien et actualisation des compétences, ou MAC, dure 7 heures. Ce recyclage se suit tous les 24 mois pour garder le certificat.
- L’habilitation exige un numéro de déclaration d’activité et un formateur SST certifié. Elle se demande sur Forprev et vaut cinq ans.
- Le code du travail impose un secouriste formé dans chaque atelier à travaux dangereux. L’employeur organise aussi les premiers secours.
- Un financement par un OPCO suppose la certification Qualiopi. L’organisme transmet aussi chaque année son bilan pédagogique et financier.
Former des salariés aux gestes du sauvetage secourisme du travail ne relève pas d’un simple ajout au catalogue. Le SST obéit à un dispositif national piloté par l’INRS et l’Assurance maladie Risques professionnels. Un organisme de formation SST cumule donc deux statuts : la déclaration d’activité et l’habilitation. Sessions, émargements et certificats demandent aussi une gestion rigoureuse de l’organisme de formation.
La formation SST, de quoi parle-t-on ?
Le sauveteur secouriste du travail est un salarié formé pour agir face à un accident ou un malaise au travail. Son rôle dépasse les gestes de premiers secours. Il devient aussi acteur de la prévention des risques professionnels dans l’entreprise.
Le référentiel distingue deux domaines de compétences. Le premier consiste à intervenir face à une situation d’accident du travail, jusqu’aux gestes de secours adaptés à la victime. Le second vise à repérer toute situation dangereuse et à contribuer à la prévention dans l’entreprise.
La formation s’adresse à tout salarié, sans prérequis. Elle se déroule en présentiel et mène à un certificat SST reconnu au niveau national. L’INRS ne forme pas lui-même les salariés. Il confie cette mission à des organismes habilités par le réseau Assurance maladie Risques professionnels.
Le volume a de quoi surprendre. Selon l’INRS, plus d’un million de salariés suivent chaque année une formation SST ou un recyclage. Tous dispositifs confondus, l’INRS recensait 6 500 organismes de formation habilités en 2026. Ces dispositifs ont formé plus de 1,4 million de stagiaires en 2025. Les titres de la sécurité privée relèvent d’un autre cadre, propre à l’organisme de formation en sécurité.
Le dispositif SST encadré par l’INRS
Le SST fait partie des dispositifs de formation en santé et sécurité au travail démultipliés par l’INRS. Une dizaine de dispositifs existent, de la PRAP aux échafaudages. Son cadre tient dans un document de référence. Sa version 8 date de janvier 2021. Il fixe les référentiels d’activité, de compétences et de certification.
Trois niveaux de formation
Le dispositif repose sur trois étages. L’INRS forme et certifie les formateurs de formateurs. Ceux-ci forment les formateurs SST dans des entités habilitées de niveau 2. Ces formateurs préparent à leur tour les sauveteurs secouristes. Chaque niveau donne lieu à un certificat, prolongé par un MAC, ou recyclage.
Le futur formateur détient un certificat SST valide et des bases en prévention. Il les acquiert via une autoformation de l’INRS ou auprès du service prévention d’une caisse régionale. Son certificat de formateur vaut ensuite trois ans.
Durées, effectifs et certificat
Les durées fixées par l’INRS sont des minimums pour chaque session. La formation initiale s’allonge si l’entreprise présente des risques propres à son activité. Le tableau compare les trois parcours.
| Critère | Formation initiale SST | MAC SST | Formateur SST |
|---|---|---|---|
| Durée minimale | 14 heures en présentiel | 7 heures en présentiel | 56 heures sur deux semaines non consécutives |
| Effectif | 4 à 10 personnes | 4 à 10 personnes | 5 à 10 personnes |
| Prérequis | Aucun | Certificat SST | Certificat SST valide et bases en prévention |
| Validité du certificat | 2 ans | Prolongation de 24 mois | 3 ans, MAC de 21 heures |
| Dispensateur | Entité habilitée de niveau 1 | Entité habilitée de niveau 1 | Entité habilitée de niveau 2 |
Un acteur SST dont le certificat a expiré ne peut plus exercer comme sauveteur secouriste. Il peut suivre un MAC pour le récupérer, si le délai écoulé ne compromet pas la réussite aux épreuves. Sinon, le document de référence conseille une nouvelle formation initiale.
Passerelles avec le PSC1
Un stagiaire titulaire du PSC1 depuis moins de trois ans peut bénéficier d’un allègement de formation. Il passe tout de même l’ensemble des épreuves certificatives. À l’inverse, un SST à jour de son MAC est réputé détenir le PSC1.
Les conditions pour devenir organisme de formation SST
L’habilitation INRS ne s’obtient pas sur simple déclaration. Elle suit une procédure nationale, de l’instruction du dossier à la décision d’une commission.
Un NDA et un formateur certifié
Pour un organisme ou un centre de formation, la demande suppose un SIRET et un numéro de déclaration d’activité valide. L’organisme recourt aussi à un formateur SST certifié. Une entreprise peut également demander l’habilitation pour former ses propres salariés en interne.
Le niveau 1 d’habilitation couvre la formation des acteurs SST et leur MAC. Le niveau 2 vise les formateurs SST.
Toute entité habilitée détient les programmes et déroulés pédagogiques de la formation initiale et du MAC. Les programmes mentionnent la durée minimale, l’effectif et la durée de validité du certificat. Les séquences forment un parcours pédagogique identifiable.
Le dossier Forprev et la décision de la CNH
La demande se dépose en ligne sur Forprev, la plateforme nationale de gestion. Les échanges avec le réseau prévention passent ensuite par cet outil. La caisse régionale (Carsat, Cramif ou CGSS) instruit le dossier, ou l’INRS pour les organismes nationaux. La partie administrative réunit un courrier de demande et une attestation Urssaf. Pour le niveau 2, l’organisme fournit aussi le programme et le déroulé pédagogique de la formation initiale.
La Commission nationale d’habilitation (CNH) rend ensuite un avis motivé. L’INRS accorde alors l’habilitation pour cinq ans. Une absence de réponse au-delà de six mois ne vaut pas habilitation. Le renouvellement se demande à partir d’un an avant l’échéance.
Les obligations de l’organisme habilité
Chaque session doit être déclarée dans Forprev au plus tard 15 jours calendaires avant son démarrage. La clôture de la session intervient dans les 30 jours suivant la fin de la formation. Le catalogue reprend l’intitulé exact des stages. Une charte encadre aussi l’utilisation des logotypes des dispositifs INRS.
Le réseau prévention peut contrôler l’organisme à tout moment, sur place ou sur pièces. Un manquement peut entraîner une mise en demeure, une suspension de trois mois au plus, puis un retrait. La perte du NDA fait perdre toute habilitation.
Un organisme non habilité peut toutefois vendre des formations SST. Il confie alors l’action à un organisme habilité et le mentionne dans la convention. Seul l’organisme habilité délivre le certificat.
Ce que le code du travail impose à l’employeur
Pourquoi les entreprises achètent-elles des formations SST ? La réponse tient au code du travail. L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.
Pour le secourisme, trois articles fixent le cadre. Les lieux de travail disposent d’un matériel de premiers secours adapté aux risques. Un membre du personnel reçoit la formation de secouriste dans chaque atelier où sont effectués des travaux dangereux. La même règle vaut sur chaque chantier de vingt travailleurs au moins, pendant plus de quinze jours, avec travaux dangereux.
Sans infirmier présent en permanence, l’employeur organise les premiers secours après avis du médecin du travail. Ces mesures sont consignées dans un document tenu à la disposition de l’agent de contrôle de l’inspection du travail. Ces articles ne nomment pas le SST. Le document de référence de l’INRS rattache toutefois sa mission à ces obligations. Il juge les petites et moyennes entreprises particulièrement concernées par le dispositif.
Financement : OPCO et certification Qualiopi
Les formations SST décidées par l’employeur relèvent de son initiative, le cas échéant dans le plan de développement des compétences. Pour les entreprises de moins de cinquante salariés, l’OPCO peut prendre en charge les coûts de ces actions. Son conseil d’administration fixe les priorités et les modalités de prise en charge.
Pour être financé par un OPCO, l’organisme de formation doit détenir la certification Qualiopi. Ce guide sur la certification Qualiopi d’un organisme de formation détaille le référentiel et l’audit.
Les obligations administratives de tout organisme de formation
L’habilitation SST s’ajoute au socle commun des prestataires de formation. Ce socle commence par la déclaration d’activité auprès du préfet de région. Elle se dépose au plus tard trois mois après la première convention de formation.
Le préfet dispose de deux mois pour refuser l’enregistrement. Passé ce délai, son silence vaut enregistrement. Les étapes complètes figurent dans ce guide pour devenir organisme de formation.
Chaque année, l’organisme transmet son bilan pédagogique et financier avant le 30 avril. Un bilan absent, ou sans activité de formation, rend la déclaration caduque. Pour un organisme SST, la conséquence est double : plus de NDA, donc plus d’habilitation.
Le CRM Cirrus Shield pour organismes de formation gère notamment les sessions inter ou intra. Il prend aussi en charge l’émargement électronique et les exports BPF.
Sources
- Devenir sauveteur secouriste du travail, INRS
- Formateur de sauveteurs secouristes du travail, INRS
- Document de référence du dispositif SST, version 8, INRS
- Règlement d’habilitation des organismes de formation et des entreprises, INRS
- Cahier des charges relatif à l’habilitation, dispositions générales, INRS
- Cahier des charges relatif à l’habilitation SST, INRS
- Habilitation des organismes de formation, chiffres de la démultiplication, INRS
- Article L4121-1 du code du travail, Légifrance
- Articles R4224-14 à R4224-16 du code du travail, Légifrance
- Article L6332-17 du code du travail, Légifrance
- Article L6316-1 du code du travail, Légifrance
- Déclaration d’activité, articles L6351-1 A à L6351-8 du code du travail, Légifrance
- Déclaration d’activité, articles R6351-1 et suivants du code du travail, Légifrance
- Bilan pédagogique et financier, articles R6352-22 à R6352-24 du code du travail, Légifrance